Un Milan royal abattu dans les Hautes-Pyrénées : un acte isolé ?

Un procès-verbal doit être transmis au procureur de la république de Tarbes, qui décidera d’engager ou non des poursuites. On conçoit difficilement comment cet acte pourrait rester impuni. Le Milan royal est une espèce protégée dont la destruction est punissable d’un an de prison et 15 000 euros d’amende. Ses 1,60 mètres d’envergure, sa couleur orangée et sa silhouette unique rendent impossible toute confusion avec une espèce gibier. Bien qu’il soit très rare que les coupables soient identifiés, plusieurs études montrent que cet évènement n’est malheureusement pas un acte isolé. Entre 2005 et 2012, 34 milans royaux retrouvés morts dans les Pyrénées françaises ont pu être analysés dans le cadre de l’opération « Vigilance-Poison ». Neuf d’entre eux présentaient des plombs à la radiographie. Selon les auteurs de l’étude, le tir illégal est la première menace pour l’espèce dans les Pyrénées (Villagines et al., 2012). A l’échelle nationale, les chiffres présentés par les centres de sauvegarde de la faune sauvage sont également alarmants (Maury, 2012). Entre 2000 et 2011, 198 milans royaux ont été accueillis dans les centres. En moyenne, 15 milans sont recueillis chaque mois, excepté pour le mois d’octobre, ou la moyenne est de 40 admissions. Tous les oiseaux recueillis ne faisant pas l’objet d’une radiographie, il est difficile d’évaluer l’incidence des tirs illégaux sur cette hausse des admissions. On peut cependant remarquer qu’elle coïncide avec la période la plus intense de chasse aux oiseaux migrateurs (alouettes, grives, pigeons) dans l’hexagone. Les rapaces sont régulièrement accusés d’attaquer les appelants, de faire fuir les vols de « gibier », ou bien d’en prélever plus que le quota que certains voudraient leur imposer. Toujours dans cette étude, on apprend que 114 causes d’accueil de milans en détresse ont pu être identifiées. Trente-sept fois, il s’agissait de tirs illégaux, soit la première cause d’accueil (32%), loin devant les collisions routières (21%). L’étude de la mortalité des rapaces s’appuie sur des découvertes fortuites de cadavres. Dans ce contexte, on peut supposer que le pourcentage de milans royaux tués par tir est largement sous-estimé. En effet, il est relativement facile de trouver des oiseaux victimes de collisions routières ou de lignes électriques. La tâche est plus ardue lorsqu’un braconnier abat un rapace du haut d’une palombière ou lors d’une sortie en montagne. Au vu de ces différents éléments, Saiak exprime son inquiétude quant à l’incapacité des pouvoirs publics à stopper ces actes malveillants, qui sont bien identifiés comme la première cause de mortalité de l’espèce dans les Pyrénées.

Sources :

  • L. Vilagines, M. Razin, J-M. Cugnasse et P. Berny, 2012. CAUSES DE MORTALITE DU MILAN ROYAL
  • DANS LES PYRENEES (VERSANT NORD). Bilan des rencontres Milan royal Pyrénées, Les Aldudes, Novembre 2012. P.19-21

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Un rapport sur la reproduction du milan royal au Pays Basque nord

Le rapport réalisé par l’ornithologue Aurélien André (déjà responsable du suivi de reproduction du vautour percnoptère d’Egypte en 2010  pour le compte de l’association Saiak) propose une synthèse des données de reproduction récoltées sur le terrain, un bilan des connaissances actuelles de l’espèce au Pays Basque nord. Il s’appuie sur le décryptage de la base de données interne à l’association et le suivi de deux zones échantillons réalisé selon le protocole défini dans le Cahier Technique Milan royal, rédigé par la LPO Mission rapace. Ces suivis ont été réalisés en 2007 (avec le soutien de la LPO Pyrénées vivantes) et 2011.

Loin d’apporter tous les éléments nécessaires à une protection efficace de l’espèce, ce document doit cependant permettre de regrouper les connaissances acquises depuis plusieurs années au sein de l’association Saiak, afin d’aider toute démarche de suivi et de protection de l’espèce en Iparralde. Il détaille également les menaces pesant sur l’espèce afin d’orienter d’éventuelles mesures de protection.

Il faut aussi signaler par ailleurs que l’association Saiak participe tous les ans au comptage hivernal des populations migratrices de milan royaux hivernant en Pays Basque.

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